En résumé, la chute des tarifs de revente :
La baisse du tarif de rachat EDF OA à 1,1 c€/kWh avec l'arrêté S21 ne remet pas en cause la rentabilité du solaire. Elle confirme simplement une réalité que les chiffres ont toujours exprimée.
Un kWh autoconsommé vaut 0,1940 €, soit 17 fois plus qu'un kWh revendu à EDF OA
Le taux d'autoconsommation d'une installation sans pilotage se situe entre 30 et 40 %
Avec un EMS ou un routeur solaire, ce taux peut atteindre 70 à 85 %
Le vrai levier de rentabilité solaire n'a jamais changé : consommer ce qu'on produit
La rentabilité de l'autoconsommation solaire n'a pas attendu l'arrêté S21 pour s'imposer comme le seul modèle économique sérieux du photovoltaïque résidentiel. Depuis le 1er juin 2026, le tarif de rachat du surplus a chuté à 1,1 c€/kWh.
Beaucoup y voient une mauvaise nouvelle pour les panneaux solaires. Solarock vous décrypte pourquoi c'est exactement l'inverse.
Autoconsommation solaire vs revente : le chiffre qui résume tout
Il y a une comparaison simple que Solarock pose systématiquement dès la première estimation avec un client. La voici.
En juin 2026, le prix du kWh au tarif réglementé EDF s'établit à 0,1940 € en option Base. C'est ce que vous économisez chaque fois que vous consommez directement un kWh produit par vos panneaux solaires, vous ne l'achetez pas, donc vous ne le payez pas.
Ce même kWh, s'il est injecté sur le réseau plutôt que consommé chez vous, est racheté par EDF OA à 1,1 c€/kWh depuis l'arrêté S21.
0,1940 € contre 0,011 €. L'écart est facteur 17,6. Dans tous les cas de figure, l'ordre de grandeur ne change pas : revendre un kWh plutôt que le consommer soi-même, c'est le valoriser entre 15 et 23 fois moins.
Ce n'est pas une nouveauté de l'arrêté S21. C'est une constante structurelle du modèle solaire résidentiel depuis que l'autoconsommation individuelle est devenue la norme de référence pour les installations photovoltaïques résidentielles.
Ce qui rentabilise vraiment une installation photovoltaïque
Le rachat du surplus a longtemps occupé une place disproportionnée dans les argumentaires de vente du photovoltaïque résidentiel. La raison est simple : c'est un chiffre facile à annoncer, un revenu visible sur un contrat, quelque chose qu'on peut promettre en euros par an. L'économie sur facture électricité, elle, est plus diffuse, moins spectaculaire à présenter, même si elle est économiquement très supérieure.
Cette confusion a conduit une partie des ménages équipés à mesurer la réussite de leur installation à l'aune de ce qu'ils revendaient, plutôt qu'à ce qu'ils ne consommaient plus sur le réseau. Ce biais de lecture est aujourd'hui caduc.
Le marché lui-même l'a compris avant la réforme : les nouvelles installations avec stockage ont progressé de 167 % entre le T4 2024 et le T4 2025, traduisant ce basculement de paradigme, maximiser le taux d'autoconsommation plutôt que de dépendre de la revente du surplus d'électricité.
Le paradoxe est que cette prise de conscience massive est arrivée avec la baisse des tarifs, alors que la logique aurait dû s'imposer bien avant. L'économie directe sur facture a toujours été le moteur principal du retour sur investissement. La réforme S21 a simplement rendu l'arbitrage incontestable.
Rentabilité solaire : ce que les chiffres ont toujours dit
Prenons une installation standard de 6 kWc en région parisienne, la production annuelle moyenne nationale est d'environ 1 100 kWh/kWc/an, soit environ 6 600 kWh produits par an pour cette installation.
Sans pilotage particulier, le taux d'autoconsommation directe se situe entre 30 et 40 % : disons 35 %, soit 2 310 kWh consommés directement. Valorisés au tarif réglementé de 0,1940 €/kWh, ces kWh représentent une économie annuelle d'environ 448 € sur la facture d'électricité.
Le surplus, les 4 290 kWh restants, est racheté à 1,1 c€/kWh via le contrat EDF OA : cela donne 47 € de revenus annuels.
La proportion est sans appel. L'économie sur facture représente plus de 90 % de la valeur économique générée par cette installation de panneaux solaires. Et cela en partant d'un taux d'autoconsommation modeste, sans aucun outil de pilotage énergétique.
💡 Le conseil Solarock :
Ces chiffres sont volontairement conservateurs. Ils illustrent pourquoi Solarock dimensionne chaque installation sur la base de vos consommations réelles, de vos horaires de présence et de vos usages et non sur un objectif de production maximale à revendre.
Taux d'autoconsommation : le levier clé de votre rentabilité solaire
Comment calculer son taux d'autoconsommation solaire ?
Le taux d'autoconsommation mesure la part de votre production photovoltaïque que vous consommez directement, sans passer par le réseau. Il se calcule ainsi : kWh autoconsommés ÷ kWh produits × 100. Pour une installation de 6 kWc produisant 6 600 kWh/an avec 2 310 kWh consommés directement, le taux est de 35 %. C'est ce pourcentage et non la puissance installée qui pilote la rentabilité réelle de votre projet solaire.
Si un taux de 35 % génère déjà 90 % de la valeur économique d'une installation, qu'implique un taux de 70 % ? Simplement ceci : chaque point de taux d'autoconsommation gagné transforme un kWh valorisé à 1,1 c€ en un kWh valorisé à 19,4 c€. Le rapport reste de 1 à 17,6, quel que soit le scénario tarifaire.
Les leviers pour y parvenir sont concrets et accessibles.
Le décalage des usages
C'est la première étape, et la moins coûteuse. Programmer le lave-linge, le lave-vaisselle et le chauffe-eau aux heures de production solaire, soit entre 10 h et 16 h selon la saison, permet de gagner 10 à 15 points d'autoconsommation sans aucun investissement matériel supplémentaire. Cela suppose simplement d'en avoir conscience et d'adapter ses habitudes de consommation d'électricité.
Le routeur solaire
C'est l'outil complémentaire au meilleur ratio coût/bénéfice du marché. Pour 200 à 900 € installé, un routeur solaire redirige automatiquement le surplus de production photovoltaïque vers le chauffe-eau, générant environ 150 € d'économies supplémentaires par an. Le retour sur investissement est de 1 à 3 ans, c'est le ratio le plus court de toute l'installation.
La batterie solaire
L'ajout d'une batterie solaire offre le saut quantitatif le plus significatif sur le taux d'autoconsommation. Une batterie permet de porter ce taux de 30–40 % à 70 %, permettant à un foyer équipé de 6 kWc de réduire sa facture d'électricité de 40 %. La batterie ne se justifie pas dans tous les cas de figure, son coût doit être mis en regard du profil de consommation réel du foyer, notamment la présence ou non de personnes pendant la journée et l'existence d'usages à forte puissance (pompe à chaleur, recharge de véhicule électrique).
Le pilotage intelligent : EMS
Le pilotage intelligent des appareils connectés (pompe à chaleur, recharge du véhicule électrique, climatisation réversible) constitue le levier le plus puissant à long terme. Un EMS complet peut porter le taux d'autoconsommation à 85 %, transformant structurellement le rapport entre production photovoltaïque et consommation directe. C'est aussi la voie d'accès à la TVA à 5,5 % pour les installations ≤ 9 kWc combinant modules certifiés et système de pilotage.
Rachat de surplus privé : ce que les dérives du marché confirment
L'émergence d'offres de rachat privées à des tarifs supérieurs à EDF OA, certains acteurs promettant 5 à 9 c€/kWh, a créé une nouvelle zone de confusion après l'arrêté S21. Certains opérateurs ont attiré des producteurs avec des dispositifs de batteries virtuelles assortis de frais d'entrée pouvant atteindre 800 euros, avant que des défauts de paiement quasi généralisés ne conduisent le ministère de l'Économie à retirer leur agrément début 2026.
Cette dérive illustre un mécanisme récurrent : quand une réforme tarifaire crée une insatisfaction, des acteurs commerciaux s'y engouffrent avec une promesse de revenu retrouvé. Le problème est que cette promesse détourne l'attention de l'enjeu réel de la rentabilité solaire.
Même en supposant qu'un acteur privé sérieux rachète votre surplus à 9 c€/kWh — soit environ huit fois le tarif EDF OA, ce kWh reste valorisé à 0,09 €. Il vaut toujours deux fois moins qu'un kWh autoconsommé à 0,1940 €. La hiérarchie économique ne change pas, dans aucun scénario de marché.
💡 Le conseil Solarock :
La question à poser n'est pas "qui rachète le mieux mon surplus ?". Elle est : "comment puis-je produire exactement ce dont j'ai besoin, au moment où j'en ai besoin ?" C'est cette question qui oriente le dimensionnement, le choix des équipements et la stratégie de pilotage énergétique. Le surplus est un résidu, pas un objectif.
Pourquoi la rentabilité des panneaux solaires n'a pas changé avec le S21
La baisse du tarif de rachat à 1,1 c€/kWh a provoqué des manchettes alarmantes dans la presse spécialisée. Il est utile de remettre les choses en perspective.
L'économie annuelle sur facture, la part qui a toujours dominé la rentabilité d'une installation photovoltaïque bien dimensionnée, n'a pas bougé d'un euro. Elle dépend du prix de l'électricité au réseau, de votre taux d'autoconsommation et de votre production. En 14 ans, le prix du kWh au tarif réglementé a augmenté d'environ 54 %, passant de 0,1263 €/kWh en 2012 à 0,1940 €/kWh aujourd'hui.
Cette tendance structurelle à la hausse rend chaque kWh autoconsommé plus précieux chaque année, c'est l'effet inverse de ce qui s'est passé côté tarifs de rachat du surplus.
Ce que la réforme S21 a supprimé : une prime à l'investissement déjà très érodée — environ 480 € pour une installation de 6 kWc et un tarif de rachat qui ne représentait déjà qu'une fraction mineure du retour sur investissement.
Ce que S21 n'a pas touché : la TVA à 5,5 % pour les installations éligibles, le contrat EDF OA sur 20 ans avec injection du surplus, le raccordement Enedis, et surtout l'économie directe sur facture électricité qui constitue l'essentiel de la rentabilité solaire.
Une installation photovoltaïque bien dimensionnée n'a jamais été aussi pertinente à condition de raisonner autoconsommation, pas revente.
À lire aussi : Arrêté S21 – tout ce qui change pour le solaire résidentiel
Installation photovoltaïque bien dimensionnée : la position Solarock
Le positionnement de Solarock sur l'autoconsommation directe n'est pas une adaptation à la réforme S21. C'est le socle de notre approche depuis la conception de chaque projet.
Une installation Solarock est dimensionnée sur la base de vos consommations réelles relevés de facture, identification des usages énergétiques, horaires de présence, profil de charge et non sur un objectif de production maximale à injecter sur le réseau.
Cette approche a une conséquence directe sur le dimensionnement : une installation Solarock sera parfois moins puissante qu'un concurrent vous en proposerait une. Non par économie de matériel, mais parce qu'une installation surdimensionnée par rapport à vos besoins produit mécaniquement plus de surplus d'électricité et ce surplus, au tarif actuel, ne vaut presque rien.
La simulation 3D de l'ombrage que nous réalisons sur chaque toiture n'a pas pour objectif de maximiser la production brute en kWh. Elle a pour objectif d'identifier les surfaces qui génèrent de l'autoconsommation utile, celles qui produisent aux heures où vous consommez effectivement. C'est cette logique qui détermine la puissance crête retenue, l'orientation des modules photovoltaïques et la pertinence d'un système de stockage ou de pilotage énergétique.
La chute du tarif EDF OA remet-elle en cause la rentabilité d'une installation solaire ?
Quel est le taux d'autoconsommation moyen d'une installation photovoltaïque résidentielle ?
Un routeur solaire vaut-il vraiment l'investissement ?
Vaut-il mieux dimensionner grand pour produire plus ou dimensionner juste pour autoconsommer mieux ?
Le tarif de rachat EDF OA va-t-il encore baisser ?
Les offres privées de rachat à 8–9 c€/kWh changent-elles la donne ?
Est-ce que le prix de l'électricité au réseau va continuer à augmenter ?
Une batterie solaire est-elle indispensable pour bien autoconsommer ?

Renan Keraudran





