En résumé, l'arrêté S21 du 1er juin 2026 :
L'arrêté S21 du 1er juin 2026 acte trois changements majeurs pour les installations ≤ 9 kWc :
Prime à l'autoconsommation supprimée pour les demandes déposées à partir du 4 juin 2026
Tarif de rachat EDF OA unifié à 1,1 c€/kWh, indexé +2 %/an
Vente totale interdite pour les installations ≤ 9 kWc, seule la vente avec injection du surplus reste éligible
L'arrêté du 1er juin 2026, dit arrêté S21, marque un tournant pour le marché photovoltaïque résidentiel français. Prime à l'autoconsommation supprimée, tarif de rachat unifié, vente totale interdite pour les petites puissances. Solarock vous explique ce que ce texte change concrètement, et ce qu'il ne change pas.
Pourquoi un arrêté tarifaire S21 ?
En France, les conditions de rachat de l'électricité photovoltaïque et les aides à l'autoconsommation sont définies par des arrêtés ministériels révisés périodiquement. L'arrêté S21 (NOR: ECOR2609281A), publié le 1er juin 2026, s'inscrit dans une logique de réajustement structurel du soutien public au photovoltaïque résidentiel, dans un contexte de baisse continue des coûts d'installation et de maturité croissante du marché.
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Les trois changements de l'arrêté S21
1. Suppression de la prime à l'autoconsommation
La prime à l'autoconsommation, versée par EDF OA lors de la mise en service d'une installation photovoltaïque résidentielle, est supprimée pour toute demande de raccordement déposée à partir du 4 juin 2026. Les dossiers déposés avant cette date conservent leurs droits acquis. La date de la demande complète de raccordement (DCR) fait foi.
Cette prime représentait environ 80 €/kWc pour les installations ≤ 9 kWc au T1 2026, soit 480 à 720 € pour une installation de 6 à 9 kWc. Son montant était révisé trimestriellement à la baisse depuis 2017.
2. Tarif de rachat EDF OA unifié à 1,1 c€/kWh
L'arrêté S21 supprime l'ancienne grille trimestrielle CRE et la remplace par un tarif unique : 1,1 c€/kWh HT pour les installations ≤ 9 kWc, indexé +2 %/an. Ce tarif s'applique à la vente avec injection du surplus sur 20 ans.
Concrètement, face à un kWh acheté au réseau à environ 0,25 €, chaque kWh revendu ne rapporte que 0,011 €, un rapport de 1 à 23. La logique économique est sans ambiguïté : l'autoconsommation directe est la seule stratégie vraiment rentable.
3. Interdiction de la vente totale pour ≤ 9 kWc
Les contrats en vente totale, où l'intégralité de la production est injectée sur le réseau sans autoconsommation, ne sont plus éligibles pour les installations ≤ 9 kWc. Seule la vente avec injection du surplus reste accessible dans cette tranche de puissance.
Ce que l'arrêté S21 ne change pas
Le contrat EDF OA sur 20 ans reste disponible pour la revente du surplus. La TVA à 5,5 % reste accessible pour les installations éligibles (panneaux bas carbone + EMS, ≤ 9 kWc, logement de plus de 2 ans, installateur RGE). Les démarches administratives (déclaration préalable mairie, raccordement Enedis, Consuel) restent identiques. Les aides locales et régionales ne sont pas modifiées par cet arrêté. L'autoconsommation collective répond à un cadre distinct — non impacté par le S21.
Ce que ça change pour votre projet
Un projet solaire résidentiel reste rentable en 8 à 12 ans selon la région, la puissance et le taux d'autoconsommation. La suppression de la prime représente une perte limitée (500 à 800 € pour une installation de 6-9 kWc) au regard des économies générées sur 20-25 ans par l'autoconsommation directe (800 à 1 500 €/an selon le profil). La TVA à 5,5 % compense partiellement.
Ce que l'arrêté S21 change en profondeur, c'est le signal envoyé au marché : le soutien public au photovoltaïque résidentiel passe de l'aide à l'entrée vers la performance à long terme. Un projet bien dimensionné — avec un EMS, un routeur solaire ou une batterie selon le profil de consommation — reste la meilleure réponse à cette évolution.
💡Le conseil Solarock :
Une estimation sérieuse change tout. Les paramètres qui déterminent votre rentabilité (ensoleillement local, orientation, taux d'autoconsommation, évolution du prix de l'électricité) n'ont pas changé. L'arrêté S21 modifie les aides, pas la physique du solaire.
Ce que l'arrêté S21 dit vraiment au marché
L'arrêté S21 n'est pas un signal négatif pour le solaire résidentiel. C'est un signal de maturité.
Le soutien public a joué son rôle : accompagner le décollage d'un marché pendant une décennie, le temps que les coûts d'équipement baissent suffisamment pour que la rentabilité se passe d'assistance. C'est chose faite. Une installation photovoltaïque bien dimensionnée en 2026 reste rentable en 8 à 12 ans, non pas grâce aux aides, mais grâce à l'autoconsommation directe, à la TVA à 5,5 % et à la trajectoire structurellement haussière du prix de l'électricité.
Ce qui change, c'est le profil des projets qui ont du sens. Un système conçu pour maximiser la revente du surplus n'a plus aucune logique économique à 1,1 c€/kWh. Un système conçu pour maximiser l'autoconsommation, avec un EMS, une batterie ou un pilotage intelligent selon le profil du foyer, reste l'investissement le plus solide qu'un propriétaire puisse faire sur son logement.
L'arrêté S21 ne ferme pas une porte. Il en ouvre une autre : celle d'un solaire résidentiel adulte, performant, et indépendant de la réglementation pour justifier sa rentabilité.
L'arrêté S21 s'applique-t-il à toutes les installations ?
Qu'est-ce que la DCR et pourquoi la date du 4 juin 2026 est-elle importante ?
Le tarif de rachat à 1,1 c€/kWh s'applique-t-il aussi aux anciennes installations ?
Pourquoi la vente totale est-elle interdite pour ≤ 9 kWc ?
L'arrêté S21 va-t-il freiner le marché solaire résidentiel ?
Puis-je encore installer des panneaux solaires de manière rentable en 2026 ?
Où trouver le texte officiel de l'arrêté S21 ?

Renan Keraudran





