En résumé, démarchage abusif solaire :
Le démarchage téléphonique pour la rénovation énergétique, dont le solaire, est interdit depuis la loi n°2020-901 du 24 juillet 2020 (article L.223-1 du Code de la consommation).
À partir du 11 août 2026, la loi n°2025-594 du 30 juin 2025 bascule tout démarchage commercial vers un système d'accord préalable explicite : le silence du consommateur vaudra interdiction, et Bloctel cessera son activité.
Un contrat signé après un démarchage illégal peut être annulé, avec remboursement intégral et dommages-intérêts.
Le droit de rétractation classique reste de 14 jours à compter de la signature ou de la livraison (article L.221-18 du Code de la consommation).
Les sanctions pour démarchage illégal peuvent atteindre 75 000€ pour une personne physique et 375 000€ pour une entreprise.
SignalConso (DGCCRF) reste la plateforme officielle pour signaler tout abus, gratuite et accessible en ligne.
La réponse directe :
Oui, le démarchage téléphonique pour une installation solaire est interdit en France depuis 2020, et le cadre va encore se durcir en 2026. Si vous avez signé un contrat après un appel non sollicité ou une visite à domicile agressive, vous disposez de 14 jours pour vous rétracter sans justification, et l'annulation reste possible au-delà si le démarchage était illégal. La première étape en cas d'abus reste le signalement sur SignalConso, la plateforme officielle de la DGCCRF.
Vous avez reçu un appel non sollicité vous proposant une installation solaire, ou un démarcheur à votre porte vous a poussé à signer un devis dans l'urgence ? Cette pratique est strictement encadrée par la loi française.
Cet article détaille vos droits, les signaux d'alerte à connaître, et les démarches concrètes pour signaler ou annuler un contrat obtenu de façon abusive. Pour bien choisir votre installateur en amont, consultez nos conseils pour choisir un installateur solaire fiable.
Définitions rapides
Démarchage abusif : contact commercial non sollicité (téléphone, porte-à-porte) recourant à des pratiques trompeuses ou agressives pour obtenir une signature, en violation du cadre légal applicable au secteur.
Droit de rétractation : possibilité légale d'annuler un contrat conclu hors établissement dans un délai de 14 jours, sans justification ni pénalité (article L.221-18 du Code de la consommation).
SignalConso : plateforme officielle de la DGCCRF permettant à tout consommateur de signaler gratuitement une pratique commerciale abusive, qui déclenche une enquête administrative.
Qu'est-ce que le démarchage abusif solaire ?
Le démarchage abusif solaire regroupe tout contact non sollicité, par téléphone ou à domicile, proposant une installation photovoltaïque assortie de pratiques commerciales trompeuses ou agressives.
Le démarchage téléphonique : un appel déjà interdit
Depuis la loi n°2020-901 du 24 juillet 2020, tout démarchage téléphonique pour des travaux de rénovation énergétique, dont le photovoltaïque, est interdit sans consentement préalable explicite du consommateur (article L.223-1 du Code de la consommation). Un appel "à froid" proposant une installation solaire viole donc systématiquement cette loi, sauf si vous avez vous-même demandé à être rappelé.
À partir du 11 août 2026, ce cadre se durcit encore avec la loi n°2025-594 du 30 juin 2025 : tout démarchage commercial, par téléphone, SMS, e-mail ou réseaux sociaux, devient interdit par défaut, sauf consentement préalable explicite et prouvé par le professionnel. Bloctel cessera son activité à cette date, remplacé par ce principe général d'accord préalable.
Le démarchage à domicile : pression et fausses autorités
Le porte-à-porte solaire recourt souvent à des tactiques plus directes : pression temporelle ("il faut signer aujourd'hui"), usurpation d'autorité (se présenter comme mandataire d'EDF ou d'une administration), ou faux diagnostic présentant une obligation d'installer qui n'existe pas. Aucune loi n'oblige un particulier à installer des panneaux solaires : ces affirmations sont systématiquement mensongères.
Les promesses commerciales à ne jamais croire
"Panneaux gratuits financés par l'État" : aucune aide ne finance une installation à 100%.
"Retour sur investissement garanti en 2-3 ans" : irréaliste, un projet solaire s'amortit généralement sur 8 à 14 ans selon la région et la configuration.
"Aides pré-approuvées pour vous" : faux, chaque dossier d'aide doit être constitué individuellement.
"Rendement 30% supérieur à la normale" : mensonge, les rendements des panneaux modernes restent stables et bien documentés par les fabricants.
Comment identifier un démarchage abusif ?
Signaux d'alerte au téléphone
Un appel sans rendez-vous préalable est automatiquement suspect, surtout s'il demande immédiatement des informations personnelles, insiste pour "bloquer un prix aujourd'hui", ou propose de signer un devis par mail le soir même. Dès le premier appel suspect, il suffit de raccrocher sans communiquer aucune donnée.
Tactiques du porte-à-porte agressif
Fausse rareté ("vous êtes l'un des foyers retenus dans le quartier"), fausse autorité (badge de "consultant énergétique"), signature forcée d'un "bon de visite" présenté comme un simple accord de principe : un installateur sérieux ne presse jamais à la signature et laisse toujours un temps de réflexion.
Promesses suspectes
"L'État paie tout", "amortissement en 2 ans", "partenariat secret avec EDF" : aucune de ces formules n'a de fondement légal. Pour approfondir la reconnaissance de ces pratiques, consultez notre guide pour reconnaître et éviter les arnaques aux panneaux solaires.
Tableau de synthèse : démarchage abusif solaire, ce que dit la loi
Situation | Cadre légal | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
Démarchage téléphonique rénovation énergétique | Interdit depuis 2020 (loi n°2020-901, art. L.223-1) | Sauf consentement préalable explicite |
Tout démarchage commercial, dès le 11 août 2026 | Loi n°2025-594 du 30 juin 2025 | Passage à un système d'accord préalable écrit, fin de Bloctel |
Rétractation d'un contrat signé | 14 jours, article L.221-18 | Sans justification ni pénalité |
Sanctions pour démarchage illégal | Article L.242-16 | Jusqu'à 75 000€ (personne physique) ou 375 000€ (entreprise) |
Signalement d'un abus | SignalConso (DGCCRF) | Gratuit, en ligne, déclenche une enquête administrative |
Votre cadre juridique de protection
L'interdiction du démarchage téléphonique
L'article L.223-1 du Code de la consommation interdit toute prospection téléphonique pour la rénovation énergétique sans consentement préalable explicite. Une fois que vous avez signifié votre refus, l'entreprise ne peut plus vous recontacter sur ce sujet.
Le droit de rétractation, 14 jours pour se dégager
Si vous avez signé un contrat suite à un démarchage, vous disposez de 14 jours pour vous rétracter, sans justification (article L.221-18 du Code de la consommation). Ce délai court à compter du lendemain de la livraison du matériel, ou de la signature pour un contrat de service. Pour exercer ce droit, une lettre recommandée avec avis de réception reste la méthode la plus sûre. Notre article sur la rétractation après signature d'un devis solaire détaille la procédure complète et les modèles de lettre à utiliser.
Nullité du contrat et sanctions
Au-delà des 14 jours, si le contrat résulte d'un démarchage téléphonique illégal, une action en annulation reste possible devant le tribunal, sur le fondement de la violation de l'article L.223-1. Les sanctions prévues (article L.242-16 du Code de la consommation) peuvent atteindre 75 000€ pour une personne physique et 375 000€ pour une entreprise, en plus de l'annulation du contrat et du remboursement intégral.
💡 Le conseil Solarock :
Vous n'avez pas besoin de prouver la mauvaise foi du professionnel. Le simple fait qu'un appel non autorisé ait initié la démarche suffit à fonder une demande d'annulation.
Que faire si vous êtes victime ?
Documenter et signaler sans délai
Conservez systématiquement la date, l'heure et le numéro de l'appel, le nom du démarcheur et de l'entreprise, ainsi que tout document reçu (devis, e-mails, SMS). Signalez ensuite la pratique sur signal.conso.gouv.fr, la plateforme officielle de la DGCCRF, en détaillant précisément la nature de l'abus et en joignant vos preuves.
Utiliser le droit de rétractation dans les 14 jours
Si vous avez signé depuis moins de 14 jours, envoyez sans attendre une lettre recommandée avec avis de réception, en citant l'article L.221-18 du Code de la consommation et en demandant le remboursement intégral des sommes versées.
Porter plainte ou saisir un tribunal au-delà de 14 jours
Passé ce délai, une action en annulation devant le tribunal judiciaire reste possible si le démarchage était illégal. Une plainte pénale pour escroquerie peut aussi être déposée en cas de fausses déclarations documentées. Des associations comme l'UFC-Que Choisir ou 60 Millions de Consommateurs peuvent accompagner cette démarche, généralement dès la première consultation gratuitement.
Qui contacter en cas de litige ?
SignalConso (DGCCRF) : la plateforme officielle pour signaler un abus, gratuite, qui déclenche une enquête administrative auprès de l'entreprise concernée.
Associations de consommateurs (UFC-Que Choisir, 60 Millions de Consommateurs) : accompagnement et, dans certains cas, actions collectives si plusieurs victimes sont identifiées.
Police, gendarmerie, préfecture : dépôt de plainte pénale pour escroquerie en cas de fausses déclarations documentées.
Si un litige survient après l'installation elle-même (matériel, garanties), notre article sur les recours en cas de problème avec une installation solaire détaille les protections applicables.
Comment vous protéger à l'avenir
Refuser le démarchage à la source
Jusqu'au 11 août 2026, l'inscription sur Bloctel reste un premier filtre utile, même si son efficacité contre le démarchage rénovation énergétique reste limitée selon les constats de la DGCCRF. À partir de cette date, le principe d'accord préalable explicite remplacera ce système.
Valider les offres légitimes
Vérifiez que l'installateur est certifié RGE via l'annuaire officiel france-renov.gouv.fr.
Demandez plusieurs devis : aucun installateur sérieux ne refusera la comparaison.
Ne signez jamais le jour même : prenez le temps de lire le contrat en détail.
Vérifiez vous-même les aides réellement applicables, plutôt que de vous fier à la parole d'un commercial.
Connaître les aides solaires réelles en 2026
TVA réduite à 5,5% pour les installations résidentielles ≤9kWc, depuis le 1er octobre 2025. Notre article sur la TVA réduite pour l'installation solaire détaille les conditions.
Prime à l'autoconsommation : supprimée depuis le 4 juin 2026 (arrêté S21) pour toute nouvelle demande de raccordement, sans exception de secteur.
Obligation d'achat EDF OA : tarif de rachat du surplus désormais fixé à 1,1 centime d'euro par kWh, garanti 20 ans.
Exonération d'impôt sur le revenu pour la revente d'électricité, sous conditions de puissance et de raccordement.
Aucune aide ne finance une installation "100% gratuite". Toute formule de ce type doit alerter. Pour approfondir la rentabilité réelle d'un projet, consultez notre guide sur le fonctionnement, le rendement et la rentabilité des panneaux solaires.
Protégez votre projet solaire avec un expert de confiance
Ne laissez pas les arnaqueurs vous décourager. Découvrez le potentiel de votre projet avec notre simulateur solaire gratuit, sans démarchage agressif.
Peut-on vraiment être obligé d'installer des panneaux solaires par la loi ?
Que faire si je reçois un appel se présentant comme "mandataire EDF" proposant des panneaux solaires ?
J'ai signé un contrat solaire il y a 20 jours. Puis-je encore annuler ?
Comment signaler un démarchage abusif ?
Les aides "100% financées par l'État" existent-elles vraiment ?
Mon contrat ne mentionne pas l'appel téléphonique initial. Puis-je quand même l'annuler ?
SignalConso garantit-il un remboursement automatique ?
Après le 11 août 2026, qu'est-ce qui change pour le démarchage solaire ?

Renan Keraudran





