En résumé, dans le solaire autoconsommer, stocker ou injecter ?
Autoconsommé : environ 0,20 €/kWh d'économie (repère Solarock 2026).
Injecté : 0,011 €/kWh, indexé de 2 % par an, pour les dossiers déposés à partir du 5 juin 2026 (jusqu'à 9 kWc).
Avant S21 : le surplus était racheté 4 c€/kWh (régime du 1er trimestre 2026) et une prime d'environ 80 €/kWc existait. Elle est supprimée pour les nouveaux dossiers.
Stocké en batterie : le coût du kWh restitué dépasse en général le prix du kWh réseau.
La vente totale n'est plus possible jusqu'à 9 kWc depuis mars 2025.
Déplacer ses usages vers les heures de soleil est le levier le plus rentable, car il ne coûte rien.
La réponse directe :
Un kWh autoconsommé vaut environ 0,20 € (le prix que vous ne payez pas), un kWh injecté 0,011 €, soit près de 18 fois moins. Un kWh stocké en batterie ne vaut pas plus que le kWh autoconsommé directement, mais il coûte entre 0,27 et 0,65 € à produire à travers la batterie, plus que le kWh réseau qu'il remplace. En 2026, la priorité est donc d'autoconsommer en direct (pilotage des usages), avant d'envisager une batterie.
Pendant des années, le solaire résidentiel reposait sur deux piliers : une prime à l'autoconsommation et un rachat du surplus à un tarif correct. Pour les dossiers de raccordement déposés à partir du 5 juin 2026, la prime a disparu et le surplus n'est plus racheté que 1,1 c€ par kWh.
Le raisonnement change donc : le solaire se rentabilise par l'électricité que vous ne payez pas, pas par celle que vous vendez. D'où la question de ce cours : combien vaut un kWh solaire selon sa destination ?
Nous prenons ici des repères Solarock 2026 (kWh acheté au réseau à environ 0,2001 €, surplus à 0,011 €) et un exemple unique que vous pouvez refaire avec votre propre facture.
Trois définitions pour commencer
Taux d'autoconsommation : part de votre production consommée sur place (directement ou via une batterie). Il se calcule sur la production.
Taux d'autonomie : part de votre consommation couverte par vos panneaux. Il se calcule sur la consommation. Les deux taux sont souvent confondus : un taux d'autoconsommation de 40 % ne signifie pas 40 % d'autonomie.
Surplus : électricité produite non consommée sur place, injectée sur le réseau. Elle est rachetée par EDF OA (obligation d'achat), ou cédée sans contrepartie selon le contrat choisi.
Quel est le prix de référence du kWh en 2026 ?
Notre repère est de 0,2001 €/kWh TTC pour un particulier. Le tarif réglementé a augmenté de 2,5 % au 1er août 2026 (communiqué de la CRE). Ce prix sert de référence à tous les calculs : c'est ce qu'un kWh solaire autoconsommé vous évite de payer.
À vérifier sur votre facture : votre prix réel dépend de votre offre (base, heures creuses) et de votre fournisseur.
💡 Le conseil Solarock :
Prenez le prix du kWh sur votre dernière facture, en divisant le montant TTC de la consommation par les kWh consommés. Un calcul sur un prix de référence théorique peut vous éloigner de la réalité.
Combien vaut un kWh autoconsommé ?
Un kWh consommé directement vous évite un achat à environ 0,20 €. C'est de loin la valeur la plus élevée.
Exemple de référence, que nous reprenons dans tout l'article : une installation de 6 kWc produisant environ 6 600 kWh par an (hypothèse de 1 100 kWh/kWc, plus élevée dans le Sud : à confirmer sur PVGIS pour votre toiture), avec un taux d'autoconsommation de 40 %.
Autoconsommé : 6 600 × 40 % = 2 640 kWh, soit 2 640 × 0,2001 ≈ 528 € par an.
Surplus injecté : 3 960 kWh × 0,011 ≈ 44 € par an.
Gain total : environ 570 € par an.
Pour 7 000 € d'installation, valeur d'école à remplacer par votre devis, cela donne un retour d'environ 12 ans. Dans ce calcul, la revente ne pèse que 8 % du gain.
💡 Le conseil Solarock :
Refaites ce calcul avec votre devis : production estimée, taux d'autoconsommation retenu et prix du kWh de votre facture. Un taux annoncé au-dessus de 50 % sans pilotage doit être justifié.
Combien vaut un kWh injecté sur le réseau ?
Le surplus est racheté 0,011 €/kWh (1,1 c€) pour les dossiers dont la demande complète de raccordement est déposée à partir du 5 juin 2026, jusqu'à 9 kWc. Le tarif est indexé de 2 % par an sur 20 ans. Il remplace le tarif de 4 c€/kWh du régime précédent et la prime à l'autoconsommation (environ 80 €/kWc).
Quel régime s'applique à vous ? Le critère est la date de dépôt de la demande complète de raccordement validée par Enedis, pas la date du devis ni celle de la pose. L'arrêté a été publié le 4 juin 2026 et s'applique aux dossiers déposés à partir du 5 juin.
Sur notre exemple, le surplus rapporte environ 44 € par an. C'est un complément, pas un revenu.
La vente totale n'est plus possible jusqu'à 9 kWc depuis mars 2025. Ne comptez donc pas sur une revente de toute la production : le choix est entre autoconsommation avec vente du surplus, et autoconsommation sans vente.
💡 Le conseil Solarock :
Ne choisissez pas une puissance « pour vendre ». Au prix de 0,011 €, chaque kWh de surplus produit rapporte dix-huit fois moins qu'un kWh consommé. Dimensionnez sur votre consommation.
Combien vaut un kWh stocké en batterie ?
Une batterie ne crée pas d'énergie : elle déplace un kWh du milieu de journée vers le soir. Sa valeur est donc celle d'un kWh autoconsommé (environ 0,20 €), moins la revente perdue (0,011 €) et moins les pertes. Il faut ensuite la comparer à ce qu'elle coûte à chaque kWh restitué.
Calcul avec nos repères :
Une batterie de 5 kWh déplace environ 1 100 kWh par an (250 cycles × 4,5 kWh utiles).
Gain annuel : 1 100 × (0,2001 − 0,011) ≈ 208 € par an.
Prix : 3 000 à 5 000 € pour 5 kWh. Durée de vie : 7 à 10 ans (repère Solarock).
Électricité restituée sur la vie de la batterie : environ 7 700 à 11 000 kWh.
Coût du kWh restitué : environ 0,27 à 0,65 €, soit davantage que le kWh réseau à 0,20 €.
La batterie coûte donc plus qu'elle ne rapporte dans la plupart des cas. Elle peut se justifier pour un besoin précis : secours en cas de coupure (avec le matériel adapté), forte consommation le soir, ou tarif d'achat plus élevé.
TVA : les panneaux et le système de pilotage associé peuvent bénéficier de la TVA à 5,5 % jusqu'à 9 kWc, sous conditions. La batterie reste à 20 %. Vendue dans la même offre que les panneaux, elle peut faire basculer toute l'opération à 20 % : demandez une facturation séparée. Voir la TVA à 5,5 %.
💡 Le conseil Solarock :
N'achetez pas une batterie « au cas où ». Mesurez d'abord votre taux d'autoconsommation pendant un an, après avoir déplacé vos usages vers le milieu de journée.
Comparatif : la valeur d'un kWh selon sa destination
Destination | Ce que vaut 1 kWh | Remarque |
|---|---|---|
Autoconsommé en direct | environ 0,20 € | Meilleure valeur, sans investissement supplémentaire |
Injecté (surplus) | 0,011 € | Dossiers déposés à partir du 5/06/2026, ≤ 9 kWc, indexé +2 %/an |
Stocké en batterie | environ 0,20 € de gain, pour un coût de 0,27 à 0,65 € par kWh restitué | Rarement rentable seule |
Revente totale | Non disponible | Interdite jusqu'à 9 kWc depuis mars 2025 |
Le levier le plus rentable : déplacer ses usages
Passer de 40 % à environ 55 % d'autoconsommation sur notre exemple, avec le pilotage de quelques usages, ajoute 990 kWh autoconsommés par an : 990 × (0,2001 − 0,011) ≈ 187 € par an, sans batterie.
Pistes concrètes :
lancer lave-linge et lave-vaisselle en départ différé en milieu de journée ;
chauffer le chauffe-eau quand les panneaux produisent, ou le piloter avec un délesteur de chauffe-eau ;
recharger un véhicule électrique en journée si vous êtes présent ;
suivre sa production avec un monitoring en temps réel.
Attention aux heures creuses : si votre contrat les place en milieu de journée, vérifiez le prix du kWh à ce moment-là avant de déplacer un usage.
💡 Le conseil Solarock :
Commencez par deux usages faciles à décaler (chauffe-eau, lave-linge). C'est le meilleur rapport gain/effort, bien avant une batterie.
Quel choix selon votre profil ?
Présent en journée, usages décalables : autoconsommation avec pilotage, sans batterie. C'est le cas le plus rentable.
Absent en journée, forte consommation le soir : pilotage du chauffe-eau et des appareils programmables d'abord ; batterie à étudier seulement si le gain mesuré le justifie.
Résidence secondaire : taux d'autoconsommation faible, installation réduite à privilégier.
Envie d'autonomie ou de secours : possible avec batterie et onduleur adapté, mais c'est un choix de confort, pas de rentabilité.
Aides et règles en 2026
Prime à l'autoconsommation : supprimée pour les dossiers déposés à partir du 5 juin 2026.
Surplus : 0,011 €/kWh, +2 % par an, ≤ 9 kWc.
TVA : 5,5 % jusqu'à 9 kWc sous conditions (modules, système de pilotage). Batterie à 20 %.
Fiscalité : revente exonérée jusqu'à 3 kWc ; au-delà, régime micro-BIC.
MaPrimeRénov' : ne couvre pas le photovoltaïque pur.
Idées reçues
« Revendre son surplus est rentable. » Faux depuis S21 : 1 000 kWh vendus rapportent 11 €.
« Une batterie se rentabilise facilement. » Pas avec nos repères : le coût du kWh restitué dépasse le prix du kWh réseau.
« 40 % d'autoconsommation, c'est 40 % d'autonomie. » Non : le taux d'autonomie se calcule sur la consommation.
« Sans prime, le solaire n'est plus rentable. » Il reste rentable par l'électricité évitée, avec un retour plus long qu'avant.
Calculez la valeur de votre propre kWh
Estimez votre taux d'autoconsommation et votre gain avec le simulateur solaire Solarock, ou contactez-nous pour une étude adaptée à votre consommation.
Combien vaut un kWh autoconsommé ?
Combien est racheté le surplus en 2026 ?
Puis-je revendre toute ma production ?
Faut-il une batterie pour que le solaire soit rentable ?
Quelle est la différence entre taux d'autoconsommation et taux d'autonomie ?
Comment savoir quel régime s'applique à mon installation ?
La TVA à 5,5 % s'applique-t-elle à la batterie ?
Que vaut le solaire si je suis absent en journée ?

Renan Keraudran






