En résumé, pompe à chaleur et solaire :
Une PAC air/eau affiche un SCOP moyen mesuré de 2,9 par l'ADEME (étude d'octobre 2025, une centaine de PAC), et de 4,3 pour les PAC eau/eau géothermiques. Les résultats vont de 1,8 à 4,5 selon le réglage et l'installation.
Lors de la vague de froid du 20 janvier 2024, le SCOP moyen de l'échantillon est resté proche de 2 : la PAC fonctionne, avec un rendement réduit.
Le chauffage consomme en hiver, quand le solaire produit peu : n'attendez pas de couvrir 100 % de la PAC avec des panneaux.
Le couplage est surtout utile pour l'eau chaude, la mi-saison et la climatisation réversible l'été.
Le surplus est revendu 0,011 €/kWh (arrêté S21), soit environ 5 % du prix d'achat : dimensionnez sur votre consommation.
Prime à l'autoconsommation supprimée pour les demandes complètes de raccordement à partir du 5 juin 2026 ; TVA à 5,5 % jusqu'à 9 kWc pour le photovoltaïque, sous conditions.
La réponse directe :
Oui, coupler une pompe à chaleur à des panneaux solaires peut être pertinent, mais il ne faut pas compter sur une couverture complète du chauffage. En hiver, une installation de 6 kWc produit environ 200 à 300 kWh par mois en décembre, contre 750 à 850 kWh en juin-juillet dans le Sud, alors que la PAC consomme l'essentiel d'octobre à mars. Le solaire couvre surtout l'eau chaude, la mi-saison et la climatisation estivale, et il faut piloter les appareils pour en tirer le maximum.
Les pompes à chaleur s'installent massivement en France : près d'1 million de PAC individuelles ont été vendues en 2024, en baisse de 20 % sur un an selon EDF (source SDES), les PAC air-air représentant plus de 80 % des ventes. Beaucoup de propriétaires se demandent s'il faut y associer des panneaux solaires. La réponse est nuancée. Le couplage a du sens, mais surtout pour l'eau chaude, la mi-saison et la climatisation l'été. Voici les définitions, les chiffres vérifiés, un calcul avec ses hypothèses et les points à contrôler avant de vous engager.
Trois définitions pour commencer
Pompe à chaleur (PAC) : système qui capte la chaleur de l'air extérieur, du sol ou de l'eau, puis la transfère vers le logement grâce à un compresseur électrique. Elle déplace de la chaleur plutôt qu'elle n'en produit par combustion.
COP et SCOP : le COP est le rapport entre la chaleur restituée et l'électricité consommée, mesuré dans des conditions données. Le SCOP est sa version saisonnière, moyennée sur une année de chauffe. C'est le SCOP, surtout mesuré en conditions réelles, qui compte pour votre facture.
Autoconsommation : consommer sur place l'électricité produite par vos panneaux. Voir notre guide pour optimiser son autoconsommation.
Comment fonctionne une pompe à chaleur
Une PAC fonctionne en quatre étapes, décrites par EDF :
Évaporation : un fluide frigorigène récupère la chaleur extérieure (air, sol ou eau) et passe à l'état gazeux.
Compression : un compresseur électrique comprime ce gaz, ce qui augmente sa température.
Condensation : la chaleur est transférée aux émetteurs du logement (radiateurs basse température, plancher chauffant, ventilo-convecteurs, chauffe-eau). Le fluide redevient liquide.
Détente : le fluide perd en pression et en température, puis retourne à l'évaporateur.
Seul le compresseur consomme de l'électricité, d'où un rendement supérieur à celui d'un radiateur électrique (rendement de 1).
Les types de PAC
PAC air-air : captent la chaleur de l'air et la diffusent par des unités intérieures. Elles chauffent et climatisent, mais ne produisent pas d'eau chaude sanitaire. Elles représentent plus de 80 % des ventes en France (EDF).
PAC air-eau : transfèrent la chaleur à un circuit d'eau (radiateurs, plancher chauffant) et peuvent produire l'eau chaude sanitaire avec un ballon.
PAC géothermiques (eau/eau) : puisent la chaleur du sol ou d'une nappe. Moins sensibles aux variations de température extérieure, elles affichent les meilleurs rendements mesurés, mais demandent un forage ou des capteurs enterrés.
Le conseil Solarock : demandez à votre installateur le SCOP attendu pour votre logement (émetteurs, température de départ d'eau, climat), pas seulement le COP du catalogue. Les écarts mesurés par l'ADEME (de 1,8 à 4,5) viennent surtout du réglage et du dimensionnement.
Performances réelles : ce que mesure l'ADEME
L'ADEME et la DGEC ont mesuré en conditions d'usage une centaine de PAC air/eau et eau/eau installées en maison individuelle, en remplacement d'une chaudière gaz ou fioul (étude d'octobre 2025). Résultats cités par le ministère de l'Économie :
Type de PAC | SCOP moyen mesuré |
|---|---|
Air/eau | 2,9 |
Eau/eau (géothermie) | 4,3 |
Les performances sont inégales (de 1,8 à 4,5). L'ADEME a identifié deux causes principales : un mauvais réglage de la loi d'eau (température de l'eau selon la température extérieure) et un mauvais dimensionnement des radiateurs. En corrigeant ces points, notamment en passant par un installateur RGE, la performance pourrait gagner environ un point.
Pour les PAC air-air, l'ADEME n'a pas encore publié de mesure équivalente. Une étude préliminaire sur 88 logements (données Linky) indique qu'elles permettraient de diviser par deux les usages de chauffage par rapport à des radiateurs à effet Joule.
À retenir : un SCOP de 2,9 signifie qu'1 kWh d'électricité produit environ 2,9 kWh de chaleur sur l'année. Le chiffre de « 3 à 4 fois plus d'énergie » correspond à des valeurs nominales ou à de bons cas, pas à la moyenne mesurée.
Quel impact sur le CO₂ ?
D'après EDF, 1 kWh de chaleur produit par une PAC émet 3 à 4 fois moins de CO₂ qu'1 kWh de chaleur produit par une chaudière à énergie fossile. L'avantage vient du faible contenu carbone de l'électricité française, et se calcule par kWh de chaleur, pas globalement par logement.
PAC et panneaux solaires : ce que le couplage change vraiment
Le décalage saisonnier
Les panneaux produisent surtout du printemps à l'automne. La PAC consomme surtout en hiver. Sur une installation de 6 kWc dans le Sud, la production passe d'environ 750-850 kWh/mois en juin-juillet à 200-300 kWh/mois en décembre. En hiver, le solaire ne couvre donc qu'une petite part du chauffage.
Ce que le solaire couvre bien
L'eau chaude sanitaire, toute l'année, si la PAC en produit (air-eau avec ballon) ou avec un chauffe-eau piloté.
La mi-saison (printemps et automne), quand la production est correcte et le chauffage encore modéré.
La climatisation réversible l'été, quand la production est maximale. Voir climatisation et solaire dans le sud.
Le rôle du pilotage
Un système de gestion de l'énergie (EMS) déplace les consommations pilotables vers les heures de soleil : chauffe-eau, charge d'un véhicule, parfois la PAC selon ses fonctions de pilotage. Pour comprendre ce que fait un EMS, voir EMS solaire : définition et fonctionnement.
💡 Le conseil Solarock :
Avant d'ajouter des panneaux à un projet de PAC, listez vos usages par saison : chauffage, eau chaude, climatisation. Le solaire est rentable sur les usages qui tombent aux heures de production. Le simulateur Solarock estime un dimensionnement à partir de votre consommation.
Exemple chiffré : 6 kWc et une PAC
Hypothèses (illustratives, à remplacer par vos valeurs) :
Production : 6 kWc en Île-de-France, soit environ 6 300 kWh/an.
Consommation de la maison avec PAC air/eau (chauffage et eau chaude) : environ 8 000 kWh/an.
Prix de l'électricité évitée : 0,2001 €/kWh. Surplus : 0,011 €/kWh.
Coût de l'installation : environ 10 900 € TTC (repère de marché pour 6 kWc, à comparer à des devis).
Sans prime, sans hausse du prix de l'électricité.
Scénario | Autoconsommation | Gain annuel approximatif | Retour sur investissement |
|---|---|---|---|
Sans pilotage | 35 % (≈ 2 205 kWh) | ≈ 490 € | ≈ 22 ans |
Avec pilotage | 55 % (≈ 3 465 kWh) | ≈ 725 € | ≈ 15 ans |
Ce que montre ce calcul :
La PAC relève la consommation : avec 8 000 kWh pour 6 300 kWh produits, la consommation ne plafonne plus l'autoconsommation.
La limite devient le moment de la consommation : l'hiver, les panneaux produisent peu, donc une large part de la production reste consommée en journée, l'été, en dehors du chauffage.
Le pilotage fait gagner plusieurs années.
Ces repères sont cohérents avec nos fourchettes (11 à 22 ans, environ 15 ans avec pilotage) : l'amortissement « en 7 à 10 ans » n'est pas atteint dans ces hypothèses.
💡 Le conseil Solarock : `
Méfiez-vous d'une promesse de retour inférieur à 10 ans ou de couverture de la PAC « à 100 % ». Demandez l'étude, le taux d'autoconsommation retenu et la répartition mois par mois. Pour comparer, voir combien de temps pour rentabiliser des panneaux solaires et le fonctionnement et la rentabilité d'une installation.
Aides et règles 2026
Pour le photovoltaïque :
TVA à 5,5 % jusqu'à 9 kWc depuis le 1er octobre 2025, sous conditions (notamment installateur RGE, logement de plus de 2 ans, critères sur les modules et gestion de l'énergie). Sinon 20 %.
Revente du surplus : 0,011 €/kWh (arrêté S21 du 1er juin 2026), revalorisé de 2 % par an sur 20 ans, avec un dossier à déposer.
Prime à l'autoconsommation : supprimée pour les demandes complètes de raccordement à partir du 5 juin 2026.
Vente totale : interdite jusqu'à 9 kWc depuis mars 2025.
Pour la pompe à chaleur : les aides (taux de TVA applicable, MaPrimeRénov', certificats d'économies d'énergie) relèvent des règles de rénovation énergétique, qui changent régulièrement. Elles ne dépendent pas de la puissance des panneaux. Vérifiez les montants et conditions à jour sur France Rénov' avant de signer, et demandez à votre installateur RGE de les détailler sur le devis.
Prix d'une PAC : à comparer sur devis
Les prix varient fortement selon le type de PAC, la puissance, la nature des émetteurs et la configuration (mono-split ou multi-split pour l'air-air, ballon et circuit hydraulique pour l'air-eau, forage ou capteurs pour la géothermie). Plutôt qu'une fourchette générique, demandez au moins deux devis détaillés, en précisant :
le SCOP attendu pour votre logement ;
les travaux annexes (émetteurs, ballon, circuit hydraulique) ;
le réglage de la loi d'eau et les conditions de maintenance.
Estimer votre projet
Votre consommation, votre toiture et la saison d'usage décident du résultat. Lancez une estimation avec le simulateur Solarock pour obtenir une première puissance et un ordre de grandeur de rentabilité.
Une pompe à chaleur fonctionne-t-elle en hiver ?
Quel est le vrai rendement d'une PAC ?
Faut-il des panneaux solaires avec une PAC ?
Peut-on alimenter une PAC à 100 % avec des panneaux solaires ?
Combien de panneaux faut-il ?
Une batterie est-elle utile ?
Une PAC réversible fait-elle aussi l'eau chaude ?

Renan Keraudran






