En résumé, former ses équipes à la batterie, PAC et IRVE :
Les habilitations électriques (NF C 18-510) sont le point de départ de toute spécialisation.
IRVE : une qualification d'entreprise existe (référentiel Qualifelec), souvent demandée pour accéder à des aides.
PAC : la qualification QualiPAC (Qualit'EnR) et l'attestation de capacité pour les fluides frigorigènes sont les deux briques à prévoir.
Batterie : pas de qualification unique nationale ; la formation passe par des organismes et les constructeurs.
Former une équipe se fait par étapes : audit, choix d'une technologie, formation, qualification, recyclage.
Les financements (OPCO, France Travail, régions) existent mais changent : à demander avant de s'inscrire.
La réponse directe :
Commencez par le socle commun, puis choisissez une seule technologie selon la demande de votre territoire. Le socle, ce sont les habilitations électriques de l'équipe à jour. Ensuite : l'IRVE pour la demande la plus immédiate et un cadre de qualification clair, la batterie pour un installateur photovoltaïque qui a déjà des clients en autoconsommation, la PAC pour une entreprise qui a déjà une culture chauffage ou thermique. Ajoutez la deuxième technologie une fois la première rentabilisée.
Les installateurs photovoltaïques et les électriciens se trouvent face à une demande qui s'élargit : recharger un véhicule électrique avec sa production solaire, stocker le surplus, chauffer avec une pompe à chaleur alimentée en partie par ses panneaux. Chaque technologie a ses propres règles : habilitations, qualifications d'entreprise, formation sur les équipements.
Sans méthode, on se disperse : trois formations en même temps, des qualifications demandées trop tôt, un budget qui dérape. Avec une méthode, on avance par étapes, en partant de ce que son équipe sait déjà faire et de la demande locale.
Dans le réseau d'installateurs que Solarock anime, c'est l'une des questions qui revient le plus : comment diversifier son offre sans mettre l'entreprise en risque. Voici une façon de s'y prendre.
Trois définitions pour commencer
Habilitation électrique : autorisation délivrée par l'employeur à un salarié pour intervenir sur ou près d'installations électriques, après formation, selon la norme NF C 18-510. Elle est nominative et liée à l'employeur.
Qualification (ou certification) d'entreprise : reconnaissance, par un organisme comme Qualifelec ou Qualit'EnR, du savoir-faire d'une entreprise sur une activité (IRVE, PAC, photovoltaïque). Elle est distincte de l'habilitation, qui concerne la personne.
IRVE : infrastructure de recharge pour véhicule électrique, c'est-à-dire la borne et son installation électrique.
Pourquoi former ses équipes maintenant ?
Trois raisons, sans chiffre magique :
La demande est déjà sur vos chantiers : un client qui installe des panneaux pose naturellement la question de la borne, de la batterie ou du chauffage.
Les qualifications ouvrent des marchés : certaines aides et certains donneurs d'ordre (syndics, collectivités, constructeurs) exigent une entreprise qualifiée.
La sécurité et la garantie : une installation réalisée par une équipe formée limite les risques (court-circuit, incendie, fuite de fluide) et les litiges avec l'assureur.
💡 Le conseil Solarock :
Ne vous formez pas à une technologie parce qu'elle est à la mode, mais parce que vous avez déjà des clients qui la demandent. Comptez vos demandes entrantes des 12 derniers mois avant de choisir.
Le socle commun : habilitations électriques NF C 18-510
Avant toute spécialisation, l'employeur doit habiliter ses salariés selon la norme NF C 18-510. Les points à retenir :
Qui délivre l'habilitation ? L'employeur, après une formation et une évaluation des compétences. Elle ne se transfère pas d'une entreprise à l'autre.
Que signifient les indices ? Le « B » désigne la basse tension. Le chiffre 1 correspond à l'exécutant, le 2 au chargé de travaux, la lettre « V » au voisinage de pièces nues sous tension. L'indice BR concerne les interventions générales en basse tension (dépannage, raccordement), l'indice BC la consignation. Selon l'activité, d'autres indices existent, notamment pour les installations photovoltaïques : à valider avec l'organisme de formation.
Durée de validité ? Elle est fixée par l'employeur. Un recyclage environ tous les 3 ans est recommandé par la norme.
💡 Le conseil Solarock :
Faites un état des lieux simple : qui est habilité, à quel indice, depuis quand. C'est le préalable à tout plan de formation, et cela évite d'inscrire quelqu'un à une formation qu'il ne pourra pas suivre.
IRVE : la qualification la plus structurée
La qualification IRVE est portée au niveau de l'entreprise, avec un référentiel par niveaux (niveaux 1, 2 et 3 chez Qualifelec). Elle est notamment demandée pour accéder à certaines aides à l'installation de bornes. Le référentiel exact (niveaux, formations, renouvellement) est à consulter sur le site de l'organisme avant toute inscription.
Ce que vos techniciens doivent maîtriser : vérification de l'installation existante et dimensionnement des protections, choix du type de borne, mise en service et essais, et, pour les niveaux supérieurs, supervision et recharge rapide.
Pour un installateur photovoltaïque, l'IRVE se vend naturellement avec l'autoconsommation : recharger sa voiture avec sa production solaire.
💡 Le conseil Solarock :
Commencez par le niveau le plus simple et la demande résidentielle. Passez aux niveaux supérieurs seulement si vous avez des clients collectifs ou professionnels à servir.
Batterie de stockage : une montée en compétences ciblée
Une batterie stationnaire se raccorde à l'installation photovoltaïque pour augmenter l'autoconsommation et, selon le matériel, offrir un secours en cas de coupure. Pour une résidence principale, une batterie de 5 kWh déplace au mieux environ 1 100 kWh par an, un point à connaître pour conseiller honnêtement le client. Voir le comparatif batterie physique ou virtuelle et le guide de la batterie virtuelle.
Il n'existe pas de qualification nationale unique pour la batterie. La formation passe par des organismes spécialisés en énergies renouvelables et par les formations proposées par les fabricants dont vous installez le matériel. Les compétences clés : systèmes courant continu et alternatif, onduleurs hybrides, gestion thermique, communication avec le système de pilotage, sécurité spécifique au lithium.
💡 Le conseil Solarock :
Avant de former quelqu'un, vérifiez avec votre fournisseur de matériel quelles formations sont exigées pour conserver la garantie. C'est souvent la contrainte la plus concrète.
PAC : deux briques à prévoir
La pompe à chaleur ajoute deux sujets au socle électrique :
Les fluides frigorigènes : leur manipulation exige une attestation de capacité, avec plusieurs catégories (I à V). La catégorie I est la plus complète. Le choix dépend des opérations réalisées par votre équipe.
La qualification d'entreprise QualiPAC (Qualit'EnR), qui conditionne en pratique l'accès à certaines aides pour vos clients. Le contenu et la durée de la formation sont à vérifier auprès des organismes proposant le module.
Les PAC air-eau et géothermiques sont les plus concernées par cette qualification. Pour comprendre la technologie côté client, voir notre guide des avantages et inconvénients de la pompe à chaleur.
💡 Le conseil Solarock :
La PAC est la montée en compétences la plus lourde des trois. Réservez-la aux entreprises qui ont déjà une culture chauffage ou thermique.
Quelle technologie choisir en premier ?
Votre situation | Technologie à privilégier | Pourquoi |
|---|---|---|
Beaucoup de clients résidentiels avec un véhicule électrique | IRVE | Demande immédiate, qualification structurée |
Clients déjà en autoconsommation | Batterie | Extension naturelle du photovoltaïque |
Équipe issue du chauffage ou du génie climatique | PAC | Base technique déjà en place |
Peu de demandes identifiées | Socle commun d'abord | Éviter un investissement sans débouché |
Parcours en 6 étapes
Auditer le socle : habilitations de chaque salarié, expérience, besoin de recyclage.
Choisir une technologie : selon les demandes entrantes et le marché local, pas selon l'effet de mode.
Choisir le format : formation inter-entreprises (moins chère, dates fixes) ou intra-entreprise (sur mesure). Prévoir plusieurs semaines d'avance pour s'inscrire.
Former et évaluer : formation théorique et pratique, avec une évaluation à la fin.
Qualifier l'entreprise : dossier auprès de l'organisme concerné (Qualifelec, Qualit'EnR), avec attestations, assurances et références de chantiers.
Recycler : habilitations et formations de mise à jour selon le référentiel.
💡 Le conseil Solarock :
Formez d'abord un référent technique, qui formera ensuite le reste de l'équipe sur chantier. C'est plus économique que de former tout le monde en même temps.
Qui peut se former ?
Électriciens du bâtiment : base naturelle pour l'IRVE et la batterie.
Installateurs photovoltaïques : déjà à l'aise avec le courant continu, l'onduleur et l'autoconsommation.
Chauffagistes et frigoristes : base naturelle pour la PAC.
Techniciens de maintenance : rigueur de diagnostic, utile pour le suivi après installation.
Quel que soit le profil, rigueur en sécurité et pédagogie envers le client comptent autant que la technique.
Financer la formation
Plusieurs dispositifs peuvent contribuer : l'OPCO de votre branche (Constructys pour le bâtiment), France Travail pour certains publics, le compte personnel de formation, et des aides régionales selon les territoires. Les conditions et les taux de prise en charge changent d'une année à l'autre : renseignez-vous auprès de votre OPCO avant de vous inscrire, car une demande tardive peut exclure la prise en charge.
💡 Le conseil Solarock :
Demandez à l'organisme de formation un devis détaillé et une attestation : ce sont les pièces que votre OPCO demandera.
Structurer la montée en compétences de votre équipe
Vous êtes installateur et vous hésitez sur l'ordre des formations ? Contactez-nous pour échanger sur l'Accélérateur Solarock et la façon dont notre réseau accompagne ses partenaires
Faut-il une habilitation électrique pour installer une borne, une batterie ou une PAC ?
Qui délivre l'habilitation électrique ?
L'habilitation est-elle valable 3 ans ?
Existe-t-il une qualification nationale pour la batterie ?
Quelle qualification pour la pompe à chaleur ?
Par quelle technologie commencer ?
Comment financer ces formations ?
Un installateur seul peut-il se former à plusieurs technologies ?

Renan Keraudran






