En résumé, autoconsommer ou revendre :
Un kWh autoconsommé évite environ 0,20 €/kWh (tarif réglementé de base 3-6 kVA : 0,2001 €/kWh TTC depuis le 1er août 2026). Un kWh de surplus rapporte 0,011 €/kWh : un rapport d'environ 18 pour 1.
Exemple 6 kWc, 6 300 kWh/an, 5 700 kWh consommés : environ 490 €/an (35 %), environ 725 €/an (55 %), environ 965 €/an (75 % avec batterie).
La vente totale est interdite jusqu'à 9 kWc depuis mars 2025 ; à 0,011 €/kWh, elle rapporterait environ 69 €/an sur ce même 6 kWc.
Le pilotage des usages (chauffe-eau, appareils programmés) apporte environ 240 €/an dans cet exemple, sans achat de batterie.
Une batterie de 10 kWh ajoute environ 240 €/an pour 6 000 à 10 000 € : un retour supérieur à 25 ans, au-delà de sa durée de vie (7 à 10 ans).
La prime à l'autoconsommation est supprimée pour les demandes complètes de raccordement depuis le 5 juin 2026 : elle ne figure dans aucun calcul.
La réponse directe :
Sur un 6 kWc en Île-de-France (environ 6 300 kWh produits par an) pour un foyer consommant 5 700 kWh, le gain annuel est d'environ 490 € avec 35 % d'autoconsommation, d'environ 725 € avec 55 % (pilotage des usages) et d'environ 965 € avec une batterie à 75 %. Le surplus ne pèse que 17 à 45 € par an dans ces trois cas. Le retour sur investissement se situe autour de 15 ans avec pilotage et autour de 22 ans sans pilotage. La priorité est donc d'augmenter ce que vous consommez sur place, avant d'envisager de vendre davantage ou d'ajouter de la puissance.
Depuis l'arrêté S21, le surplus d'une installation est racheté 0,011 €/kWh, alors qu'un kWh consommé sur place évite d'en acheter un à environ 0,20 €. Autrement dit, la rentabilité d'un projet solaire se joue presque entièrement sur ce que vous consommez vous-même. Cet article le montre avec un exemple chiffré sur une installation de 6 kWc, en trois scénarios, hypothèses à l'appui. Pour le comparatif général entre les modèles (autoconsommation, surplus, revente totale), voir d'abord notre article autoconsommation vs revente totale.
Définitions
Surplus : la part de votre production que vous ne consommez pas sur place et qui est injectée sur le réseau. Il est racheté par EDF OA à 0,011 €/kWh pour les installations jusqu'à 100 kWc (arrêté S21 du 1er juin 2026, +2 % par an pendant 20 ans, dossier à déposer).
Taux d'autoconsommation : la part de votre production que vous consommez directement. Il se calcule ainsi : électricité solaire consommée sur place ÷ production totale. Il est toujours plafonné par votre consommation. Ne le confondez pas avec le taux d'autoproduction, qui se calcule par rapport à votre consommation.
Autoconsommation totale (sans injection) : une installation qui ne revend jamais rien au réseau (convention CACSI avec Enedis). Voir l'autoconsommation totale et sa rentabilité.
Les hypothèses de l'exemple
Donnée | Valeur retenue |
|---|---|
Puissance | 6 kWc |
Région | Île-de-France |
Productible | environ 1 050 kWh/kWc/an (repère indicatif, à vérifier sur PVGIS) |
Production annuelle | environ 6 300 kWh |
Consommation du foyer | 5 700 kWh/an |
Prix du kWh évité | 0,2001 €/kWh |
Prix du surplus | 0,011 €/kWh |
Coût d'installation | environ 10 900 € TTC (TVA 5,5 %, repère de marché potentielsolaire.com) |
Les calculs supposent un prix du kWh constant, aucune dégradation des panneaux et aucune prime. Ce sont des ordres de grandeur, pas une promesse de résultat.
Scénario 1 : autoconsommation sans pilotage (35 %)
Autoconsommation : 6 300 × 35 % = 2 205 kWh, soit 2 205 × 0,2001 ≈ 441 €.
Surplus : 6 300 − 2 205 = 4 095 kWh, soit 4 095 × 0,011 ≈ 45 €.
Total : environ 486 € par an.
Retour sur investissement : 10 900 ÷ 486 ≈ 22 ans.
Scénario 2 : autoconsommation avec pilotage (55 %)
Le pilotage consiste à décaler certains usages vers les heures de production (chauffe-eau, lave-linge, recharge). Voir notre guide pour optimiser son autoconsommation et l'article sur le délesteur de chauffe-eau.
Autoconsommation : 6 300 × 55 % = 3 465 kWh, soit 3 465 × 0,2001 ≈ 693 €.
Surplus : 2 835 kWh, soit 2 835 × 0,011 ≈ 31 €.
Total : environ 725 € par an.
Retour sur investissement : 10 900 ÷ 725 ≈ 15 ans.
Scénario 3 : avec une batterie de 10 kWh (75 %)
Autoconsommation : 6 300 × 75 % = 4 725 kWh (inférieur aux 5 700 kWh consommés, donc plausible), soit 4 725 × 0,2001 ≈ 945 €.
Surplus : 1 575 kWh, soit 1 575 × 0,011 ≈ 17 €.
Total : environ 963 € par an, soit environ 240 € de plus que le scénario 2.
Surcoût de la batterie : 6 000 à 10 000 € (repère pour 10 kWh), soit un retour sur la batterie de 25 à 42 ans, pour une durée de vie de 7 à 10 ans.
Retour sur l'ensemble (installation + batterie, soit environ 16 900 à 20 900 €) : environ 17,5 à 22 ans.
Une batterie peut avoir un sens pour des raisons de confort ou d'autonomie, mais pas pour le gain financier. Voir la batterie virtuelle comme alternative et notre article faut-il une batterie avec ses panneaux solaires.
Et la revente totale ?
La vente en totalité est interdite jusqu'à 9 kWc depuis mars 2025. Au-delà, à 0,011 €/kWh, 6 300 kWh rapporteraient environ 69 € par an, très loin des 490 à 965 € des scénarios précédents. La revente totale n'a de sens que si la production serait autrement perdue (bâtiment sans usage électrique).
Tableau de synthèse
Scénario | Autoconsommation | Gain annuel | Retour sur investissement |
|---|---|---|---|
Sans pilotage | 35 % | environ 486 € | environ 22 ans |
Avec pilotage | 55 % | environ 725 € | environ 15 ans |
Avec batterie 10 kWh | 75 % | environ 963 € | environ 17,5 à 22 ans (installation + batterie) |
Revente totale | non applicable (interdite ≤ 9 kWc) | environ 69 € | non pertinent |
Ce qui a changé en 2026
Tarif du surplus : 0,011 €/kWh, +2 % par an, sur 20 ans. Voir l'arrêté S21 et les nouveaux tarifs EDF OA.
Prime à l'autoconsommation : supprimée pour les demandes complètes de raccordement à partir du 5 juin 2026. Voir la suppression de la prime.
TVA : 5,5 % jusqu'à 9 kWc depuis le 1er octobre 2025, sous conditions (panneaux bas carbone, installateur RGE, logement de plus de 2 ans, gestion de l'énergie), sinon 20 %. Voir la TVA à 5,5 %.
Démarches : le mode d'injection se fixe au raccordement ; en changer ensuite suppose de nouvelles démarches. Voir le mode d'emploi EDF OA.
Côté fiscalité, les revenus du surplus sont ici très faibles (de l'ordre de quelques dizaines d'euros par an). Les règles de déclaration sont détaillées dans notre article autoconsommation vs revente totale.
Le conseil Solarock : agir sur les usages avant la puissance
Avant d'ajouter des panneaux ou une batterie, regardez comment décaler vos usages sur les heures de production. Dans l'exemple, le pilotage fait gagner environ 240 €/an sans matériel de stockage. Pour estimer la puissance adaptée à votre consommation, voir dimensionner son installation solaire.
Le conseil Solarock : refaire le calcul avec vos données
Ces trois scénarios dépendent de votre région, de votre consommation et de vos horaires. Pour estimer votre cas, utilisez notre simulateur solaire et comparez toujours plusieurs devis (voir comment choisir un installateur photovoltaïque). Pour la rentabilité globale, voir la rentabilité des panneaux solaires.
Estimer votre projet
Estimez votre projet solaire pour obtenir une première estimation adaptée à votre toiture et à votre consommation.
Pour compléter : notre guide complet sur l'autoconsommation et l'autoproduction.
Autoconsommer ou revendre : quelle est la meilleure option en 2026 ?
Combien rapporte le surplus d'un 6 kWc ?
Quel taux d'autoconsommation peut-on espérer ?
Une batterie vaut-elle le coup ?
Le tarif du surplus est-il garanti ?
La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore ?
Peut-on changer de mode après le raccordement ?
Les revenus du surplus sont-ils imposables ?

Renan Keraudran






