En résumé, solaire et chauffage électrique :
Le chauffage électrique reste un mode de chauffage important en France ; le pilotage du surplus permet de rediriger une partie de la production vers ce poste plutôt que de la revendre à bas prix.
Une box domotique et des pinces ampèremétriques détectent le surplus en temps réel et activent automatiquement les radiateurs compatibles.
L'investissement (300 à 2000€ selon la solution et le nombre de radiateurs pilotés) se rentabilise généralement en 3 à 9 ans selon votre profil de consommation, un délai bien plus court que celui de l'installation solaire elle-même.
Le pilotage fonctionne bien avec les convecteurs simples et les radiateurs à accumulation, mal avec les radiateurs thermodynamiques.
Le tarif de rachat du surplus étant très bas, augmenter l'autoconsommation via le pilotage est généralement plus rentable que de compter sur la revente.
La réponse directe :
Piloter ses convecteurs sur le surplus solaire consiste à faire communiquer une box domotique (reliée à des pinces ampèremétriques qui mesurent production et consommation en temps réel) avec des relais qui activent le chauffage dès qu'un surplus est détecté. Cela fonctionne bien avec les convecteurs simples et les radiateurs à accumulation, plus difficilement avec les radiateurs programmables (adaptation électrique nécessaire) et rarement avec les radiateurs thermodynamiques (peu de modèles pilotables). Le tarif de rachat du surplus étant aujourd'hui très bas (0,011€/kWh depuis la réforme S21 de juin 2026), l'essentiel du bénéfice financier vient de l'autoconsommation gagnée, pas de la revente évitée. Le gain réel dépend fortement de votre profil : un foyer 100% électrique avec forte consommation résiduelle en tire beaucoup plus qu'un petit logement peu occupé en journée.
Vos panneaux solaires produisent le plus souvent en journée, quand vous êtes absent, alors que le chauffage électrique consomme surtout le matin, le soir et l'hiver. Résultat : une partie de votre production part au réseau à un tarif de revente aujourd'hui très faible. Le pilotage automatique des convecteurs via une box domotique permet de rediriger ce surplus vers le chauffage plutôt que vers la revente. Notre article sur le délesteur de chauffe-eau solaire et notre guide domotique et solaire complètent cet article.
Définitions rapides
Surplus solaire : part de la production photovoltaïque qui dépasse la consommation instantanée du foyer, normalement injectée au réseau si elle n'est pas utilisée sur place.
Pince ampèremétrique : capteur qui se clipse autour d'un câble électrique pour mesurer en continu le courant qui y circule, sans contact direct.
Relais de pilotage : interrupteur électronique piloté à distance par la box domotique, qui coupe ou rétablit l'alimentation d'un radiateur selon les ordres reçus.
Pourquoi piloter ses convecteurs avec le surplus solaire
Le problème du surplus en autoconsommation
La production photovoltaïque suit la courbe du soleil : pic en milieu de journée, nulle la nuit. La consommation domestique ne suit pas ce rythme, surtout pour le chauffage, plus actif le matin, le soir et l'hiver. Sans pilotage, le taux d'autoconsommation plafonne généralement à 30-40%, ce qui signifie qu'une part importante de l'électricité produite est injectée au réseau à un tarif de rachat aujourd'hui très bas (0,011€/kWh, fixe 20 ans, depuis la réforme S21 de juin 2026), alors que consommer directement cette électricité évite un achat au réseau à environ 0,20€/kWh. L'écart entre ces deux valeurs, environ 0,189€/kWh, est ce qui rend le pilotage du chauffage intéressant.
Les bénéfices du pilotage automatique
En programmant les radiateurs pour se chauffer prioritairement quand il y a du surplus, le taux d'autoconsommation peut passer de 30-40% à 50-60%. Le bénéfice financier dépend directement du volume de kWh ainsi déplacé de la revente vers l'autoconsommation, multiplié par l'écart de 0,189€/kWh évoqué plus haut : ce calcul doit être fait pour votre profil précis, car il varie fortement selon votre consommation résiduelle et la puissance de votre installation.
Au-delà de l'aspect financier, le pilotage automatique apporte du confort (plus besoin de surveiller manuellement la production) et une réduction de la dépendance au réseau.
Comment fonctionne le pilotage des convecteurs sur surplus
Architecture générale
Trois briques technologiques composent le système. La box domotique est le cerveau : elle reçoit les données de production et de consommation, puis décide d'activer ou non les radiateurs. Les pinces ampèremétriques mesurent en continu le courant entrant (production) et sortant (consommation), généralement au prix de 50 à 150€ l'unité. Les relais ou modules de pilotage sont les interrupteurs qui coupent ou rétablissent l'alimentation des radiateurs sur ordre de la box, avec des modules filaires (100 à 300€ par radiateur, installation plus complexe) ou des prises intelligentes (30 à 50€, limitées aux appareils portables).
Stratégies d'activation
La stratégie la plus simple active un radiateur dès que le surplus dépasse un seuil défini, avec un risque de cycles courts (le radiateur s'active puis s'éteint rapidement). Les systèmes plus avancés utilisent une logique d'hystérésis (le surplus doit rester au-dessus du seuil pendant un certain temps avant activation, et redescendre nettement en dessous avant arrêt) pour limiter ces cycles, ou intègrent une anticipation météo pour préchauffer légèrement avant un pic de production prévu.
Technologies et solutions disponibles
Plusieurs familles de solutions existent sur le marché français, à des prix très variables : des box dédiées au solaire (généralement 500 à 1500€ selon les fonctionnalités et le nombre de relais), des solutions généralistes combinant thermostat connecté et prises intelligentes (200 à 400€, mais limitées aux appareils portables et sans mesure directe du surplus photovoltaïque), et des délesteurs électriques à double sens (150 à 300€, fonctionnalités plus limitées mais installation simple, adaptés à un budget restreint ou un seul radiateur).
💡 Le conseil Solarock :
Les radiateurs "connectés" du commerce coûtent généralement 2 à 3 fois plus cher qu'un convecteur classique associé à un relais externe, pour un résultat équivalent en pilotage solaire. Mieux vaut souvent acheter un radiateur simple et le piloter via un relais externe.
Quels radiateurs peut-on piloter
Convecteurs simples : excellente compatibilité. Sans électronique interne, un simple relais suffit à les commander, sans latence ni problème de synchronisation.
Radiateurs de masse (accumulateurs thermiques) : excellente compatibilité également. Ils accumulent la chaleur pendant le surplus et la restituent progressivement, ce qui permet de "charger" le radiateur en milieu de journée pour qu'il chauffe encore en soirée sans appeler le réseau.
Radiateurs électriques programmables : compatibilité modérée. Couper l'alimentation force l'arrêt mais fait perdre la programmation interne du radiateur ; un pilotage plus fin nécessite une prise de commande dédiée, pas systématiquement présente sur ces modèles.
Radiateurs thermodynamiques : compatibilité limitée. Ces radiateurs intègrent un compresseur qui fonctionne en continu ; simplement couper l'alimentation gaspille l'énergie déjà engagée, et peu de modèles domestiques offrent une option de pilotage externe adaptée au surplus solaire. Leur rendement réel (généralement un COP de 1,5 à 2,5 pour un radiateur thermodynamique individuel, inférieur à celui d'une pompe à chaleur air/eau) reste par ailleurs intéressant pour le chauffage en général, mais leur pilotage sur surplus demande des aménagements spécifiques à vérifier au cas par cas auprès du fabricant.
💡 Le conseil Solarock :
Si vous envisagez l'achat de nouveaux radiateurs pour intégrer le pilotage solaire, privilégiez un convecteur simple ou un radiateur à accumulation, plus simples et moins coûteux à intégrer qu'un modèle programmable ou thermodynamique.
Installation et mise en œuvre
Le dimensionnement de la box dépend du nombre de radiateurs à piloter (chaque radiateur nécessite généralement un relais dédié) et du type d'installation électrique (monophasée ou triphasée, à vérifier car toutes les box ne gèrent pas les deux). Les pinces ampèremétriques s'installent sans forcément couper le courant, mais cette précaution reste recommandée pour la sécurité ; une pince mesure la production juste après l'onduleur, l'autre la consommation totale du foyer en amont du compteur.
Pour un budget indicatif, comptez généralement 500 à 1500€ pour la box, 100 à 300€ pour les pinces, et 100 à 300€ par radiateur piloté pour les relais, auxquels s'ajoute éventuellement une intervention d'électricien (généralement une demi-journée pour 2-3 radiateurs).
💡 Le conseil Solarock :
Après quelques mois d'utilisation, consultez l'historique de votre box pour ajuster les seuils de déclenchement : abaissez-les si trop d'énergie continue à partir au réseau, augmentez-les si les radiateurs s'activent trop souvent pour un surplus marginal.
Cas pratiques : trois profils chiffrés
Les calculs suivants utilisent le tarif de rachat réel du surplus (0,011€/kWh) et un prix d'achat évité de 0,20€/kWh.
Maison chauffée au gaz avec convecteurs d'appoint (Île-de-France, 6kWc, production ~6500 kWh/an) : autoconsommation naturelle 35% (2275 kWh), portée à 50% (3250 kWh) avec pilotage. Le gain annuel lié au pilotage se situe autour de 180 à 200€, pour un investissement de pilotage de l'ordre de 800 à 1500€ : ROI généralement de 5 à 8 ans pour l'équipement de pilotage seul. Le gain reste modeste car le chauffage principal (gaz) n'est pas concerné par le pilotage.
Logement 100% électrique (PACA, 9kWc, production ~12 500 kWh/an à un ratio régional de 1350-1450 kWh/kWc/an) : autoconsommation naturelle 40% (5000 kWh), portée à 60% (7500 kWh) avec pilotage. Le gain annuel se situe autour de 450 à 500€, pour un investissement de pilotage de l'ordre de 1200 à 1800€ : ROI généralement de 3 à 4 ans pour l'équipement de pilotage. C'est le profil qui bénéficie le plus du pilotage, car tous les usages (chauffage, eau chaude, électroménager) sont électriques.
Studio peu occupé en journée (Normandie, 3kWc, production ~3300 kWh/an) : autoconsommation naturelle 30% (990 kWh), portée à 45% (1485 kWh) avec pilotage, notamment grâce à un radiateur à accumulation qui restitue la chaleur en soirée. Le gain annuel reste modeste, autour de 90 à 100€, pour un investissement réduit de l'ordre de 800€ (installation semi-DIY) : ROI généralement de 8 à 9 ans pour l'équipement de pilotage. Le bénéfice principal de ce profil est autant le confort (maison déjà chaude au retour) que l'économie financière directe.
💡 Le conseil Solarock :
Ces trois profils montrent que le pilotage est particulièrement rentable pour un foyer majoritairement électrique avec une consommation résiduelle importante, et plus marginal pour un petit logement peu occupé en journée : faites toujours calculer votre cas précis avant d'investir.
Optimisation : au-delà du seul chauffage
Combiner le pilotage des convecteurs avec un chauffe-eau électrique amplifie généralement le bénéfice, car l'eau chaude stockée dans le ballon constitue une réserve d'énergie utilisable plus tard sans rappel au réseau. Programmer les appareils flexibles (lave-linge, lave-vaisselle) pour démarrer pendant les pics de production ajoute un gain plus modeste mais réel. Une batterie de stockage (généralement 600 à 800€/kWh, soit 6000 à 12 000€ pour 10-15kWh) permet de pousser l'autoconsommation à 70-85%, avec un ROI généralement plus long (souvent 15-20 ans) compte tenu de l'investissement, à réserver aux installations avec forte consommation.
Pièges à éviter
Une box de qualité moyenne peut piloter un nombre limité d'appareils simultanément : vérifiez sa capacité avant achat si vous prévoyez plusieurs radiateurs. Un délai de quelques secondes existe entre la détection du surplus et l'activation du radiateur : généralement sans impact notable, sauf en cas de nuages très changeants. Si la box perd sa connexion réseau, elle peut interrompre le pilotage : privilégiez un modèle avec un mode de fonctionnement dégradé. Enfin, vérifiez la compatibilité de votre box avec votre installation électrique (monophasée ou triphasée) avant l'achat.
Optimisez votre autoconsommation solaire dès aujourd'hui
Le pilotage des convecteurs sur surplus solaire est un investissement qui se rentabilise généralement plus vite que l'installation solaire elle-même. Nos experts vous aident à évaluer la pertinence de cette solution pour votre profil.
Peut-on piloter tous les types de radiateurs électriques ?
Combien coûte un système complet de pilotage des convecteurs ?
En combien de temps le pilotage se rentabilise-t-il ?
Le pilotage augmente-t-il vraiment l'autoconsommation ?
Que se passe-t-il si la box se déconnecte du réseau ?
Est-il possible de piloter aussi la climatisation en été ?
Y a-t-il des risques de surcharge électrique en pilotant plusieurs radiateurs simultanément ?
Quel est le tarif de revente du surplus à prendre en compte pour calculer la rentabilité ?

Renan Keraudran






